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S'entraîner avec son cycle menstruel : ce que dit (vraiment) la science

Faut-il adapter ses séances à son cycle ? Ce qui est prouvé, ce qui ne l'est pas encore, et une méthode simple pour t'entraîner en écoutant ton propre corps plutôt qu'un calendrier.

En bref

La recherche ne montre pas d'effet net et systématique du cycle menstruel sur la performance : au mieux une baisse très légère en début de cycle, avec d'énormes différences d'une femme à l'autre. Plutôt qu'un plan calqué sur un calendrier, observe tes propres données et ton ressenti pendant deux ou trois cycles, puis ajuste. Des règles qui disparaissent quand tu t'entraînes beaucoup sont un signal d'alerte à montrer à un médecin.

Un cercle découpé en quatre phases du cycle menstruel : règles, phase folliculaire, ovulation, phase lutéale.
Sommaire
  1. Les quatre phases, en version courte
  2. Ce qui est prouvé, ce qui ne l'est pas
  3. La méthode qui marche : observer, puis ajuster
  4. Le signal à ne jamais ignorer : la disparition des règles
  5. Et chez Athlyze ?

Sur les réseaux, on trouve des plans tout prêts : fractionné en phase folliculaire, footing en phase lutéale, repos pendant les règles. C'est séduisant, ça a l'air scientifique… et c'est beaucoup plus simple que ce que la recherche montre réellement.

Bonne nouvelle quand même : ton cycle peut vraiment t'aider à mieux t'entraîner. Juste pas de la façon dont on te le vend.

Avant de commencer

Cet article donne des repères généraux, pas un avis médical. Des règles très douloureuses, absentes ou irrégulières ne sont jamais « normales pour une sportive » : parles-en à un médecin, un gynécologue ou une sage-femme.

Les quatre phases, en version courte

Un cycle dure en moyenne 28 jours, mais tout ce qui va de 21 à 35 jours est considéré comme normal. Voici ce qui se passe, très schématiquement.

  • Les règlesJours 1 à 5 environLes hormones (œstrogènes et progestérone) sont au plus bas. Certaines se sentent vidées, d'autres n'y voient aucune différence, et certaines courent même mieux. Les douleurs et la fatigue sont les vraies limites ici.
  • La phase folliculaireDe la fin des règles à l'ovulationLes œstrogènes remontent. C'est souvent la période où l'énergie et la motivation sont au rendez-vous.
  • L'ovulationAutour du 14ᵉ jour (sur un cycle de 28 jours)Pic d'œstrogènes. Ta température corporelle commence à monter juste après.
  • La phase lutéaleDe l'ovulation aux règles suivantesLa progestérone domine. Température un peu plus haute, fréquence cardiaque au repos parfois plus élevée, VFC souvent un peu plus basse. En fin de phase, le syndrome prémenstruel peut s'inviter : sommeil moins bon, ballonnements, humeur en dents de scie.

Ce qui est prouvé, ce qui ne l'est pas

Ce qu'on sait
  • Ta température et ta fréquence cardiaque au repos varient au fil du cycle, et ta montre le voit.
  • Les symptômes (douleurs, fatigue, sommeil perturbé) peuvent vraiment gêner l'entraînement certains jours.
  • Chaque femme vit son cycle différemment. Les variations d'une personne à l'autre sont énormes.
  • Ne plus avoir ses règles quand on s'entraîne beaucoup est un signal d'alerte (voir plus bas).
Ce qui n'est pas démontré
  • Que les performances baissent de façon nette et systématique à une phase précise du cycle.
  • Qu'un plan « calé sur le cycle » fasse mieux progresser qu'un plan classique bien construit.
  • Qu'il faille éviter l'intensité pendant les règles ou en phase lutéale.

Les études sur le sujet sont encore peu nombreuses, souvent petites, et leurs résultats se contredisent. La méta-analyse de référence (McNulty et al., 2020) conclut que la performance pourrait être très légèrement réduite en début de phase folliculaire, mais que l'effet est faible, très variable d'une étude à l'autre, et ne permet pas de recommandations générales. Elle préconise une approche individualisée. Traduction : la meilleure référence, c'est toi.

La méthode qui marche : observer, puis ajuster

Plutôt que de suivre un calendrier tout fait, construis le tien. Il te faut deux ou trois cycles d'observation.

  1. Note ton cycle. L'appli de ta montre (Garmin propose un suivi du cycle) ou un simple carnet : début des règles, durée, symptômes.
  2. Note ton ressenti à chaque séance. Énergie de 1 à 5, sensations dans les jambes, qualité du sommeil la veille.
  3. Regarde tes données. Fréquence cardiaque au repos, VFC, température cutanée la nuit si ta montre la mesure. Tu verras probablement des tendances se dessiner selon les phases.
  4. Repère tes jours « sans ». Si tu remarques, cycle après cycle, que les deux jours avant tes règles sont toujours difficiles, place-y tes séances faciles. C'est ton plan, basé sur tes données.
  5. Garde de la souplesse. Un cycle n'est jamais identique au précédent. Ton plan sert de guide, pas de règle.

Un réflexe simple

Les jours où ta fréquence cardiaque au repos est plus haute en phase lutéale, ne t'inquiète pas d'un cardio un peu plus élevé à allure égale. Cale-toi sur les sensations ou l'allure plutôt que sur une zone cardio stricte.

Le signal à ne jamais ignorer : la disparition des règles

Si tes règles deviennent irrégulières ou disparaissent alors que tu t'entraînes beaucoup, ce n'est pas un signe que tu es « en forme ». C'est souvent le signe que ton corps ne reçoit pas assez d'énergie pour tout ce que tu lui demandes. Les médecins parlent de RED-S (déficit énergétique relatif dans le sport). Sur la durée, ça fragilise les os, augmente le risque de fractures de fatigue et freine la progression.

Dans ce cas, pas de demi-mesure : consulte un médecin, idéalement un médecin du sport, et parles-en à ton entourage sportif.

Et chez Athlyze ?

Athlyze lit ta fréquence cardiaque au repos, ta VFC et ton sommeil chaque matin. Les jours où ta récupération est en retrait, quelle qu'en soit la raison, il te propose d'alléger la séance. Ton cycle fait partie de ces raisons, et c'est une bonne chose que ton plan s'adapte à ton corps plutôt que l'inverse.

Sources

  1. McNulty K. L. et al. (2020), The Effects of Menstrual Cycle Phase on Exercise Performance in Eumenorrheic Women: A Systematic Review and Meta-Analysis, Sports Medicine 50(10).
  2. Mountjoy M. et al. (2023), 2023 International Olympic Committee's (IOC) consensus statement on Relative Energy Deficiency in Sport (REDs), British Journal of Sports Medicine 57(17).
  3. American College of Obstetricians and Gynecologists, Committee Opinion No. 651 : Menstruation in Girls and Adolescents, Using the Menstrual Cycle as a Vital Sign : durée normale d'un cycle chez l'adulte.
  4. Garmin, Menstrual Cycle Tracking in Garmin Connect : la fonction de suivi du cycle.
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Alice
Écrit par
Alice Rédaction AthlyzeSport de prédilection : marathon

Alice écrit pour la rédaction Athlyze. Elle décortique les données de ta montre pour en tirer des conseils concrets, à appliquer dès ta prochaine séance.

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